Intervention du 22/06/2011 Radio Bleue Gard Lozère:Paroles d’expert

8 novembre 2011 Non Par admin

RBGH: Bonjour Yannick, Vous êtes sophrologue à St Jean de Védas dans l’Hérault et vous exercez votre activité essentiellement dans le domaine du stress. Pouvez vous nous donner une définition du stress?
YD: Bien sûr. Le stress est en fait un syndrôme d’adaptation qui s’exprime par une activation d’une des parties de notre système nerveux autonome (qu’on appelle aussi végétatif) qui gère toutes nos fonctions vitales: c’est le système nerveux orthosympathique qui permet de s’adapter à une situation difficile et entraîne une mobilisation de nos ressources pour la surmonter.
Le pendant c’est le système nerveux parasympathique qui permet la récupération.
Le stress est donc un système d’adaptation qui réagit à deux types de stimulus : le stimulus exogène, c’est à dire l’agent stresseur externe, et le stimulus endogène, c’est à dire l’agent stresseur interne.

RBGH:Le stress au travail : à quoi est-il dû ?
YD: Il y a plusieurs raisons :
D’abord, il est principalement dû au fait que dans le monde du travail d’aujourd’hui tout va tellement vite que l’adaptation est constante et donc consomme de l’énergie de manière inconsidérée. C’est un peu comme si on demandait à un sprinter de courir du fond à la vitesse du sprint pendant 5 ou 10 kms sans possibilité de récupération.
On a vu que le stress met le corps en tension de manière importante, donc quelqu’un qui passe les 2/3 de sa journée en stress quand ce n’est pas plus, devrait pouvoir disposer d’un temps suffisant pour récupérer. Or la pression exercée par le système est telle qu’il est vraiment difficile de prendre du temps pour ça.
On a dit aussi que les causes du stress ont deux sources, l’une externe qui est la situation en elle même, l’autre est plus vicieuse, c’est en fait la manière dont nous vivons cette situation, la façon dont nous l’interprétons, qui correspond aux croyances que nous avons sur nous mêmes ( je ne suis pas à la hauteur, je n’y arriverai jamais, je ne suis pas compétent, etc……) qui viennent amplifier les effets du stress.
Les signes sont nombreux qui indiquent que l’on est en stress : difficultés à trouver le sommeil, agressivité, repli sur soi, très grande émotivité, alcoolisation, excès de tabac, boulimie, manque d’appétit, boule à la gorge, manifestations psycho-somatiques ( mal au ventre, crises de spasmophilie, migraines par ex…).
RBGH:Et comment le gérer ?
YD: Il y a plusieurs façons de le gérer, je préfère à ce sujet l’expression « réguler les effets du stress ». Une bonne hygiène de vie, intégrant des périodes de récupération en est une bonne, et en tant que sophrologue, je forme chaque année de très nombreuses personnes à quelques techniques rapides d’acquisition qui peuvent être utilisées n’importe où et n’importe quand ( transports, voitures, au déjeuner, au téléphone, par ex.). Tous ces exercices ont un point commun, ils sont fondés sur la respiration et permettent une relaxation rapide tout en étant dynamique. Ils ne nécessitent pas de posture particulière. Ils permettent par ailleurs bien souvent de retrouver un sommeil récupérateur. On peut aussi apprendre à relativiser, à s’affirmer, à développer des capacités relationnelles différentes, à prendre davantage conscience et soin de son corps.
RBGH: Que risque-t-il d’arriver au pire, si on ne s’en occupe pas ?
YD: Si on ne s’en occupe pas, les risques sont importants :
Petit à petit les réserves d’énergie s’épuisent et on doit donc en utiliser de plus en plus pour de moins en moins de résultat, ceci mène à la phase d’épuisement qu’on appelle burn-out , littéralement brûlé de l’intérieur, qui s’exprime par une dépression profonde.
Les autres conséquences sont aussi graves : risques d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, de cancer, etc…
 En résumé, on peut dire que tout système qui n’est pas régulé a un gros risque de dysfonctionner, c’est la raison pour laquelle il est important d’apprendre à intégrer dans son quotidien des espaces de calme, des phases de récupération.